Bon alors voilà mon CR pour etayer ces quelques photos.
Je vous préviens tout de suite, c'est un peu long...
=== PREAMBULE : RAPPEL DES EPISODES PRÉCÉDENTS
Bon, avant de commencer, un petit rappel sur ma saison 2005 en moto. La première depuis 5 ans où je ne roule pas en moto tous les jours.
05 MARS :
Je décide de partir en Ardèche sans avoir trop rien préparé. Résultat une panne d'allumage, une séance de dépanneuse, un bris de chaine secondaire, une deuxième séance de dépanneuse, puis la neige, puis 400 bornes de route avec un roulement de roue AR qui perd ses billes et me trucide le porte-couronne qui finit à la poubelle. (photos souvenir là :
http://sml.home.free.fr/TP05)
17 AVRIL :
Deuxième sortie moto de l'année, et première en TL. Après 80 bornes d'autoroute et autant de route, j'apprends à mes dépends que pneu usé+gramouillé=motard par terre et moto dans l'arbre. Plus de peur que de mal, et 3ème séance de dépanneuse.
05 MAI :
La TL n'est pas encore roulante. Départ pour 4 jours dans les Pyrénées, de Saint-Jean-de-Luz à Cadaquès. Suite à mon histoire de porte-couronne, je ne récupère la CB que le soir à 21h pour un départ le lendemain matin, destination Mauléon (64). Tout va bien à part qu'il flotte et qu'au premier plein je constate que les deux joints-spi pissent comme c'est pas permis. Génial. Bon pour cette-fois je pourrai au moins arriver à bon port en me dispensant des services de la dépanneuse. Et me voilà donc le vendredi du pont de l'Ascension à chercher entre Bayonne et Toulouse un mécano dispo pour me changer ces joints-spi. Finalement ce sera Tarbes et une journée supplémentaire de moto de perdue. Heureusement le samedi ce sera "que du bonheur". Mais comme forcément ça ne doit pas durer, sur le chemin du retour dimanche je me prends une prune à 90 euros pour "Dépassement en agglomération".
Entre la prise de conscience du risque de se foutre au tas et la peur du gendarme, tout ça me donne un moment envie de jeter la moto dans le fossé et de me mettre au boomerang ou au Ciruit24...
28 MAI :
Transpy 'Express'. 1400 km de Pyrénées en 2 jours, dont 800+ le premier. Le TL est roulant mais je manque de pratique, ce sera donc en CB. Les bagages sont transportés dans le camion d'assistance, qui prend feu, et mes affaires avec. Au jeu du "Dès que je sors la moto il y a une merde" je crois que je fais la nique au plus puriste des Ducatistes.....
Bref l'année 2005 en moto, c'est joie, c'est bonheur

Je me foutais gentiment de la gueule de mes amis les Guzzistes, mais là c'est quand même à leur tour de franchement se marrer...
Mais bon. Pas découragé pour autant, la TL roulante, et moi motivé comme jamais, me voilà donc frais et dispo vendredi matin pour prendre la route de Valloire par le chemin des écoliers.
=== EPISODE UN : WHO'S THE BOSS ?
L'idée c'est de rouler un peu, donc décollage pas trop tard, (8h), et après de l'express jusqu'à Millau, j'attaque la Lozère en direction du Gard puis de la Drôme. J'attaque les
Gorges de la Jonte, tout roule.
Si vous vous demandez "mais qu'est-ce qu'il va encore lui arriver ?", c'est vers maintenant que vous aurez votre réponse. En sortant de Meyrueis (48), impossible de rétrograder en seconde. 6, 5, 4, 3, 4, 5, 6, nada mas. GREAT !! GE-NIAL !! Mais KESSÉ ENCORE QUE CE BORDEL ?!? Y'a vraiment pas moyen d'être tranquille 5 mn cette année ou quoi ? J'accélère, je coupe, je rouvre, je force sur le sélecteur, nada, zobi, keudz et peau d'zob', rien à faire cette p*tain de boite ne veut rien savoir. Histoire d'en avoir le coeur net, je m'arrête sur le bord de la route pour regarder ça d'un peu plus près. Je béquille, je me lève et là, je sens comme un poids sur la cuisse gauche. Eeeeeeeeeeh MERDE !! Eeeeeeeeeet BOUM fait la moto.
(soupir)
'TAIN Y'EN A VRAIMENT MARRE !!
Je relève la moto, avec les valises, la sacoche, tout le bordel, et je n'ai même pas le temps de pleurer sur ma belle peinture toute neuve que mon regard est attiré par le levier d'embrayage resté par terre. Oh bordel !! Il ne manquait plus que ça. Ceci dit ça ou autre chose, au point où j'en suis....
Donc
voilà. Paumé au milieu de nulle part, 11h du mat', une boite dans le sac, une moto incapable de redémarrer, et encore 400 bornes à parcourir... Je pourrais bien schunter le coupe-circuit de l'embrayage pour repartir, mais conduire sans embrayage ni point-mort jusqu'à alès, concession Suzuk' la plus proche à 100 km de là, bof bof.... Je compose donc le numéro que je commence à connaître par coeur "Ma, vous mé reconnaissez ?," etc etc, je suis rodé. Sauf que la dépanneuse ne se pointera qu'à 16h !! (le temps pour moi de choper un coup de soleil, en plus).
Le gars est assez pressé, et à la bourre (sans blague ??) et ça l'emmerde manifestement de m'emmener jusqu'à Alès. Lui vient de Florac à 30 mn de là, il compte sur son pote le mécano multimarque pour me dépanner. J'en repars vers 17h avec une poignée d'embrayage Kawa et une boite décoincée (je ne suis manifestement pas assez bourrin du talon).
Sauf que 2 bornes plus loin l'embrayage se met à patiner comme pas deux. EH HO CA VA BIENTOT S'ARRETER CE BORDEL ?? Le levier est manifestement inadapté et ne revient pas complètement. Impossible de dépasser les 4,000 trs. Direction Ales (75 km) comme ça, à 80 km/h en 5. Super. Arrivé sur Alès vers 18h, et impossible de redémarrer au feu rouge, ça patine de trop. Avant de tout niquer à bord, et puisque mon point mort est de retour, je vire cette poignée foireuse et je finis le trajet sans. J'arrive chez Suz' il est 18h40. Ca ferme à 19h. Heureusement ils ont un levier en stock. OUF !! Ce cauchemar aura donc une fin.. ET NON !! Car s'ils ont bien le levier, ils n'ont pas la petite tige qui fait poussoir, et que j'ai perdue en route. Le levier est donc complètement inopérant.
Grand moment de solitude.
Et de découragement, aussi.
Heureusement mon ange gardien trainait dans les parages et le patron me trouve une solution en forme de vis qui fera bien l'affaire. SAUVÉ !!
(vous y croyez, vous ?)
Il est donc 19h, je suis à Alès, Valloire est à 400 km de là, et ma brêle a fait tout ce qui était en son pouvoir pour m'empêcher d'arriver à destination.
NON MAIS OH C'EST QUI QUI COMMANDE ICI ?? WHO'S THE BOSS IN HERE ?!? C'est bien moi, et je suis du genre tétu (limite obtu). Donc direction Valloire, même s'il faudra se résoudre à prendre l'autoroute...
Arrivé mouillé mais arrivée QUAND MEME (na!) à 22h30 à Saint-Michel où tout le monde m'attend au bar.
Je vous dis pas comment j'ai savouré le plaisir d'être dans un lit à Valloire et pas chez moi à Toulouse.
Mais bon, y'a des moment, ça serait sympa que ça s'arrête un peu, tout ça... C'est p'têt pas l'Homme qui prend la Mer, mais ça reste encore l'Homme qui prend la moto, alors faudrait à voir à pas se laisser emmerder, quand même !!
=== EPISODE DEUX : ON ROULE OU BIEN ?
Cette année on n'a qu'une seule journée de roulage, donc direction la Yaute pour retrouver Jean. Journée qui sera courte pour moi puisque j'ai programmé un changement de pneu AR en fin d'après-midi.
Journée de remise en jambes de toutes façons. Pas pu encore rouler de la saison avec le TL à part deux journées tronquées. Journée cool pour moi, à laisser les autres s'expliquer devant pendant que je m'arsouille avec moi-même. Besoin de retrouver des sensations, besoin de reprendre confiance en la moto, en les pneus, en la route, bref en moi.
La route est belle, la météo clémente, et les arrêts... fréquents ! Parce qu'il ne faut pas croire, mais un Glaude, en vrai, ça cause laaaaargement autant que sur le forum. Sans parler des prostates défaillantes de quelques autres contributeurs. Donc toutes les 50 bornes c'est pause papotage et toutes les peines du monde à les faire repartir. Bon, on n'est pas venus pour acheter le terrain. On roule ou bien ?
En fait c'est ça le pb avec les arsouilleurs. Le syndrome de la course de côte. Ca dégoupille pendant 20 bornes, et après il leur faut une pause d'une demi-heure pour s'en remettre...
Pause déj' à midi pour découvrir les plaisirs de la gastronomie savoyarde, et permettre à Lolo de laisser exprimer son âme d'enfant...
Et pis après on a encore roulé, et causé, et roulé, et causé, et caetera,et c'était bien sympa comme d'hab'....
Dans de superbes paysages, dans une super ambiance, dans un esprit comme j'aime. Chacun à son rythme, personne ne bouchonne personne, on s'attend, et on repart.
Une après-midi rudement agréable. Je suis encore à la rue, mais je prends quand même du plaisir, même si "Etre et avoir été", c'est toujours assez frustrant. Je me cherche sur la moto, mes trajectoires sont moisies, je change de position à chaque virage, bref je me cherche encore et je me traine tranquillement-pas-vite. Phase nécessaire mais un peu frustrante quand même...
La journée se termine trop vite, mais je découvre les joies de la descente moteur coupé en rentrant du
Galibier (photos
là,
là,
là et
là aussi). C'est assez perturbant au début, mais quel plaisir que de rouler dans le silence....
=== EPISODE TROIS : ON ZE ROAD AGAIN
Dimanche matin c'est déjà fini et il temps de rentrer chacun chez soi. Un dernier petit bout de route ensemble jusqu'à Annecy, un dernier petit col pris à l'arsouille par notre équipe d'ouvreurs (pauvres Allemands). De mon coté un grand moment de plaisir à ouvrir la route à Chris et DAL, calé sur de l'enroulé "pur", quasi sans toucher aux freins, tout dans la rotation de la poignée, dans les trajectoires, dans la position. Je retrouve mes sensations peu à peu, je sens que je me "nettoie", que je me décrasse. Grosse banane personnelle sur ces quelques km. Le bout du tunnel n'est pas loin, je commence à l'entrapercevoir...
Je décide donc de ne pas en rester là. Il est midi, je ne suis pas attendu avant 19h, ça me laisse le temps de profiter de la journée et de cette région que j'adore. Direction Rumilly par les Gorges du Fier. La route est plutôt rapide. Humm... Pas encore trop à l'aise. Un peu trop pressé je suis. Encore trop brouillon.
Pas de pb. Direction donc le Col du Sapenay, en direction du Lac. De la petite route à vaches et à VTT, mais cadre
superbe. Déjeuner au bord du lac à
Chatillon, puis pélerinage personnel au
Relais du Chat en passant par le col et l'
Abbaye de Hautecombe. Direction Grenoble ensuite par le
col de l'Epine et traversée de la
Chartreuse pour finir par une autre découverte, la vue depuis le
Fort Saint Eynard juste au-dessus de Grenoble...
Après une escale chez un pote, je continue mon petit virolothon (r)(c)(tm) à moi avec une traversée de l'Ardèche, des Cévennes, de la Lozère, de l'Aveyron. Alternant
routes à vaches, virolos serrés (Tournon-Lamastre pour ne citer que celle-là), ou virolos rapides (Le Cheylard-Les Ollières bien sûr, mais aussi la route de la Corniche dans les Cévennes), ma convalescence continue. Et se passe plutôt bien. Quelques déclic ont lieu et je retrouve mes positions. J'analyse et je comprends mes défauts, aussi. Ce regard qui a encore du mal à regarder loin devant. Ces poignets qui forcent sur les guidons alos que les cuisses ne demandent qu'à aider. Ces bras qui restent trop souples au freinage. Petit à petit tout reprends place, tout rentre doucement dans l'ordre.
Oh, elle est encore loin la montée du Markstein 2003 derrière Eric, ou le Mont-Cenis 2004 derrière le R6 italien. Mais je suis sur la bonne voie, la fluidité est de retour, le plaisir de la belle trajectoire aussi, bref la banane de la moto est belle est bien de retour (mais est-elle jamais vraiment partie, en fait ?). Ca n'empêche pas de lever les yeux de la route pour admirer la nature environnante
de ci de là ni les
jolies pierres. Ou de s'arrêter au milieu de
rien, juste comme ça,
pour le plaisir. Et même lorsqu'il n'y a
aucun virage à l'horizon, je suis juste content d'être là, et ça fait du bien...
Arrivée lundi soir 20h à la maison après 700 km en 12h, qui cloturent les 2300 km en 4 jours de ce WE....
=== EPILOGUE : THANX 4 ALL
Comme d'hab' je n'ai pas su faire court, mais quelques mots pour finir, quand même...
Merci tout d'abord à Thierry pour l'accueil, l'ambiance, l'organisation, tout ça. Même sous ton air de ne pas y être pour grand chose, c'est quand même grâce à toi, tout ça....
Merci au Glaude et à Lolo pour l'ambiance, à Miel Pops, Jean, DAL et Chris pour la route, les échanges, et tout ce qui a permis de faire de ce WE un p*tain de chouette WE...
Je dis rendez-vous l'année prochaine tout le monde, mais pourquoi pas ailleurs ?
Bonne route à tous,
sml. Désolé je n'ai jamais su faire court....

Knowledge is not a crime. Stay curious.