goeland_ a écrit :
fais nous encore profiter de ta prose, j'en veux plus !!!

Ben pour les nouveaux arrivants, il y a ça :
http://vtsc.free.fr/phpbb/viewtopic.php?t=128&start=0 avec mon CR au milieu de la page.
Sinon, ci-dessous le CR d'un essai que j'avais fait pour Motomag, au printemps dernier...
Ride safe everyone,
sml.
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== INTRO
Grâce à mes gentils amis, j'ai pu tester pour vous la semaine dernière :
- Le casque Reevu à rétroviseur intégré. (On s'en fout, me direz-vous).
- Le Schubert S1 à pare-soleil intégré (c'est moins pire, mais on s'en fout aussi, ajouterez-vous sans doute).
Et vous avez raison.
Par contre, ce qui est vraiment cool (pour moi), c'est que la semaine dernière, j'ai pu :
- baver de rage et de frustration devant une V11 Le Mans Rosso Corsa dont la boite s'est bloquée en première après 15 bornes,
- me demander ce qui justifiait de foutre autant d'argent dans une HD "Road-King", au moteur monté sur silent-bloc, aux pots discrets, et à la position de conduite qui nique les lombaires aux plus d'1m80,
- me rassurer en me disant que j'avais bien fait de revendre la GS, parce que ça a beau être la meilleure moto du monde, c'est que quand tu n'aimerais plus être sur une moto que tu l'apprécies vraiment,
- regretter qu'un moteur aussi brillant que ce V2 Voxan soit secondé de suspensions aussi mal accordée que celles du Street Scrambler,
- apprendre l'ice-riding sur une W650 tout aussi charmante que floue.
Mais surtout, prendre un pied Hénaurme sur une découverte et une surprise, j'ai nommé mesdames Buell XB12S et Yam aspirobroyeur '04.
== BUELL XB12S
La première, on me l'a désignée d'office. Parce qu'elle était assortie à mon blouson, et que ça ferait joli sur les photos. Moi j'ai dit d'accord, même si sur le coup j'aurais volontiers argué de mon T-shirt gris pour me faire attribuer la V11, mais bon, des fois faut savoir faire le bon soldat

Je m'assois donc sur cet espèce d'ovni de la production. C'est gros comme un VTT, le gommard arrière est presque aussi large que le moteur, le pot est bien caché, j'ai le casque à la verticale de l'axe de roue avant, j'ai l'impression que si la première accélération ne me retourne pas comme une crêpe, c'est le premier freinage qui va m'envoyer dans la bagnole devant moi.
JP Goy, tremble sur ton F650 !
Tentative de départ. La clé dans la main, je cherche désespérement à quoi elle pourrait bien me servir. Rien sur la colonne de direction. Rien sur le réservoir. Rien sur les cotés.
Ca commence bien. S'il faut pousser la brêle jusque dans le Morvan, on n'est pas rendus.... Descente de la brêle, inspection détaillée et, ouf ! un petit orifice sur le coté gauche du bloc optique. Drôle d'idée. 'fin bon. Contact, Bzzzz désormais classique de toutes les motos injectées, démarreur (au bruit de tracteur, rien à voir avec un démarreur jap), et au premier coup de piston le marteau-piqueur (ou vibro, c'est selon vos jeux habituels) prend vie. Un conseil : ne laissez jamais cette moto chauffer sur la latérale. Vous avez toutes les chances de la retrouver par terre ou sur le trottoir d'en face, tellement les vibrations (le pilonnement, devrais-je plutôt dire) l'empêchent de tenir en place.
Bon. Assez causé. En route.
La boite est digne des autres V2 'antiques' de la production (BM, Guzz'). C'est lent, et ça claque ! Mais surtout, la première est loooooongue comme c'est pas permis. On ne peut relacher l'embrayage que vers 35/40 km/h (2.000trs). En dessous ça cogne trop. Résultat, en ville on est constamment à l'embrayage, et c'est vite relou, limite pénible. D'autant qu'avec la patate du moteur, on est vite au-dessus des 2.000 trs, donc vite très vite (pour de l'urbain), donc on passe son temps à faire cirer. Brêle de troquet, peut-être, mais alors quelle suée d'un troquet à l'autre... !
Un peu d'autoroute pour sortir de la ville. Interfile à 50 en première, puis 130 de croisière easy. Le moteur supporte le 160 de croisière (4500 trs/mn pour une ZR à 6.000), mais faut se coucher un peu plus. C'est pas fait pour, mais on ne s'ennuie pas. Le pilonnement se transforme en plaisantes vibrations passé 3.000 trs, donc ça ronronne tranquille, et il suffit de se concentrer un peu sur l'avant, rendu léger par la prise au vent. Je ne parcourerai pas la France en Buell par l'autoroute, mais pour 200 bornes de liaison ça le fait sans pb.
Mais bon, comme vous vous en doutez, le vrai panard, c'est dans les virolos (qui l'eût cru ?). C'est un fait, mais honnêtement, ça demande un vrai temps d'apprentissage avant de s'éclater réellement. Le temps de décrypter le mode d'emploi un peu spécial.
Pour commencer, vu la taille de la galette avant, et l'étrier 6 pistons, lécher les freins s'interprête par un "GAAAAARDE A VOUS" raide comme un piquet. Déjà en ligne droite t'as intérêt à être sage, mais si par malheur l'idée saugrenue te prenait de vouloir lécher le disque en virage, je ne raconte pas le sketch. Ca ne fait pas un pli. La bécane se relève, et tu fais ton stoppie sur la voie d'en face. Donc règle n° 1, le frein, c'est que quand c'est nécessaire, et toujours en ligne droite.
Ensuite, ça a beau avoir l'air d'une mob, ben ça ne veut pas tourner, ce machin. Stable, ça oui. M'est arrivé de traverser des pavés en m'étirant le dos peinard, le guidon est resté bien dans l'axe. Faut vraiment ouvrir fort sur l'angle pour sentir l'avant s'alléger. Alors, pour tourner, faut appliquer _LA_ recette. T'arrives en entrée de virage, tu décides d'une trajo, tu te places, et la bbrrOOOOAAAAARRRRPPPP !!! t'ouvres en grand. Et là t'as l'impression que la bécane tourne autour de sa roue avant. Hors gaz, point de salut. Mais quel pied de sentir le moteur prendre ses tours, l'avant s'alléger, et l'arrière faire mine de vouloir partir en glisse.
Ca, c'est quand tout se passe bien. Parce que des fois, il se trouve que tu ne vois pas la sortie du virage. Alors si par malheur tu n'oses pas ouvrir, ou s'il te prend l'idée de couper les gaz en plein virage, voire (hérésie !) de vouloir changer de trajo en plein virage, malheur à toi. La moto se désunit, élargit, se dandine, bref te fait comprendre que les lopettes des bois de ton espèce, c'est dehors ! En plus, comme le moteur a une plage d'utilisation digne d'un RGV (1500 trs de plage vraiment péchue, de 5.000 à 6500 trs), faut pas se poser trente-six milliards de questions. Soit tu sais ce que tu veux, tu lui imposes, et elle te gratifie d'un retour de gouache qui te fout la banane pour le reste de l'après-midi, soit tu fais ta timide, et dans ce cas-là tu dégages. Circulez, y-a rien à voir ! Faut du poil sur le torse pour dompter cette moto-là ! Jamais pris autant mon pied en si peu de km. Par contre, la descente du Lautaret, un soir d'octobre, sous la neige, à la nuit tombante, après une journée de 500 bornes, je le sens moyen moins. Et puis faut se faire à l'idée du mini-reservoir, de l'absence de rangement, du foutage de gueule du passager, des comodos playmobil, etc....
Bref, soit t'accroches, t'aimes te battre, imposer ta loi, et dans ce cas-là elle te le rend au centuple, dans un brroOAAAAAARRRR qui hantera encore longtemps mes nuits. Soit ça te gonfle d'être à chaque instant sur tes gardes, d'être à l'arrêt sur routes sans visibilité, de devoir passer ton temps à chercher une pompe à essence, d'avoir peur de ce levier droit, de te faire secouer dès que la route est un peu bosselée, et dans ce cas-là j'ai peut-être une solution pour toi.
=== ERWAN
Le jeu, quand on part à plusieurs motos comme ça, c'est de faire tourner. Ceci dit, quand je me suis retrouvé avec la aspirobroyeur sur l'autoroute, j'étais un peu dubitatif. Déjà, j'étais dégouté d'apprendre que la V11, je pouvais me la mettre sur l'oreille, et puis la Voxan, là, juste à coté, elle avait l'air bien sympa. Mais bon, je n'étais manifestement pas le seul de cet avis, et me voilà donc sur ce qui allait devenir mon nouveau pote du WE, Erwann.
Je vous passe sur l'esthétique, vous l'avez tous déjà vue 150 fois en photos, et vous avez tous un avis dessus. Moi je trouve juste que c'est de la repompe intégrale de la VB1, et que c'est scandaleux.
Une fois en selle, welcome back to Japan. A part la selle un poil dure, c'est vraiment ouaté (sans w). Embrayage doux, freins progressifs, boite facile (comme quoi même chez Yam il ne faut désespérer de rien), moteur exempt de tout signe de vie extérieur. Si t'as les bouchons t'es obligé de regarder le compte-tour pour savoir si t'as démarré ou non.
Comme on était sur l'autoroute, je n'ai pas pu m'empêcher de savoir ce que ça avait dans le ventre, (en version bridée). Test interrompu aux alentours de 225 par une clio bleue avec un girophare sur la tête dont je me rapprochais un peu vite. En gros : jusqu'à 6.000 c'est pas mal mais rien d'extraordinaire, à 7.000 le turbo power boost se met en marche et te catapulte à 11.000. De là tu te traines péniblement vers la ZR à 13.000 (ce qui, pour un 1000, est tout de même fort respectable).
A part ça, ensuite après 50 km d'autoroute à 160 j'en avais déjà marre et mal au cul. On s'est quittés sans regrets.
On s'est retrouvé un peu plus tard, dans les virolos. Et là, en descendant de laBuell, j'ai découvert que l'on pouvait s'éclater aussi avec un quat'pat' de kéké, linéairésanzam'. Cette moto est tout bonnement incroyable de facililté, de légèreté, d'équilibre. Un vrai R1100S, la sensation de turbine en plus. Même en 100ch, à 7.000 trs en 3 (dans les 110/120), à chaque remise de gaz c'est l'hyper-espace à portée de main. Ensuite il suffit d'efflleurer le levier pour voir la vitesse chuter sans aucun impact sur l'équilibre de la machine, puis de la pencher autant qu'on veut pour passer le virage. Suffit de regarder la sortie et de souder la poignée quand bon nous semble. Un jeu (dangeureux) d'enfant. Facile, évidente, sûre. On est vite vite. On est vite trop vite. Impossible d'enrouler pépère. Parce qu'à chaque sortie on a envie d'ouvrir en grand, pour le plaisir de la poussée. Parce qu'on n' a pas peur de freiner, dans toutes les conditions. Dommage que l'absence de frein moteur empêche de la conduire 100% au gaz. Dans les sous-bois sous la pluie, elle est, avec la GS, celle qui m'a mise le plus en confiance. Jamais de faux-pas, jamais d'avertissement. On est toujours (moi, du moins) bien en deça de ce qu'elle sait faire. Et ce quel que soit le revêtement, là où la Buell n'aime que le billard.
"L'outil" était son nom. Docile et serviable, au service de l'ouvrier.
Et au jeu des stoppies, elle égale sans pb la Buell.
=== MORALITE
Deux motos qui semblent n'avoir rien à se dire. US, 0% plastique, 100% sensation, Big Twin d'un coté. Jap, docile, 100% serviable, 0% vibration en face.
Et au final, un même grand panard. Bien sûr, si on devait m'en offrir une, je prendrais la Buell. Pour la frime, la gueule, sa différence affirmée, cet égo flatté à chaque virage réussi, ce sentiment élito-snob d'appartenir à une caste à part. Mais je regarderai les quat'pat' japonais d'un oeil différent désormais. Car même s'ils pullulent à Vincennes, à Chevreuse ou sur l'autoroute, je sais qu'il suffit de quelques virolos pour s'éclater comme un ouf' avec cette moto, sur laquelle rien n'est raté.
Bref, même si ça ne fait pas de mal de récouvrir l'eau chaude de temps en temps, qu'importe le flacon....
.... pourvu qu'il y ait des virolos !
Ride safe everyone.
sml. Et au final le TLR c'est caractériel comme une Buell et presque aussi péchu que la aspirobroyeur

Knowledge is not a crime. Stay curious.