Le CR de SML :
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Re tous,
j'ai fait un petit CR du WE.
Comme je n'ai plus accès au forum, je vous laisse l'y poster pour moi.
J'espère que ça vous rappellera de bon souvenirs...
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Vendredi
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Toute la journée pour rejoindre Valloire. 700 et quelques km au programme. Elle
s'annonce belle, cete journée. Le kit-chaine est neuf, la démul raccourcie, le
pneu AR quasi neuf, et l'avant devrait pouvoir tenir le choc. En route donc.
Dès le premier km, je regrette la BM et ses 3 sacoches rigides. En lutte avec
la p*tain de Bagster de mes fesses qui me rentre dans les abdos, m'empêche de
braquer correctement et m'appuie sur le menton, ça commence mal. Mauvaise
Bagster, changer Bagster. Non. Pas les sous. Mauvais chargement, modifier
chargement. Arret rapide pour ré-organiser le tout tant bien que mal. Je sens
que les cavalières ne vont pas tarder à faire leur apparition. Une fois ce
détail réglé, gazzz jusqu'à Nitry-comme-d'hab' avant une traversée du Morvan,
puis le vallée de la Saône, incursion en Franche-Comté avant de rejoindre
Chambéry par la N504.
Ca faisait un bail que je n'avais pas voyagé seul. Les dernières balades,
c'était toujours en groupe, avec un RB chargé et une moyenne à tenir. Là, quel
plaisir de rouler à mon rythme, Tonique quand l'envie me prenait, bucolique un
peu plus loin, enroulant ou arsouillant avec moi-même au gré de mes humeurs, de
la route, du paysage. Je commence petit à petit à prendre la moto en main. A
percevoir le confort et les limites de la méthode AFDM. A me remémorer des
conseils de la semaine passée sur piste à Issoire pour déhancher proprement et
intelligemment. A sortir les épaules, une demi-fesse, et continuer à sentir la
moto. A travailler le regard avec application même sur des routes incertaines.
Atelier conduite tout seul avec moi-même.

La moto est physique à emmener,
mais pas piégeuse. Un peu comme la Buell, elle fait ce qu'on lui demande, à la
condition expresse de lui signifier mes intentions _avant_ de rentrer en
virage, et pas au beau milieu. L'improvisation, c'est pas son truc. Pas de
frayeur si ce n'est un gros guidonnage sur une bosse en sortie de courbe,
immédiatement amortie par l'amortisseur de direction. Ouf.
Pause café en terrasse à Chateau-Chinon, déjeuner à La Clayette devant le
chateau, la vita e bella. Il fait beau, il fait bon, la route est belle,
l'esprit est détendu. Y a pas, c'est un vrai panard la moto

. En plus
maintenant que j'ai remis les pots d'origine je peux entendre la moto, le
moteur, le tout vibrer à l'unisson. Brrooooaarrr à l'accélération, Broap Broap
Broap au rétrogradage, même l'accord de suspension contre lequel je pestais
tant ne me semble plus si pire. Je suis sur ma moto, il fait beau, je roule, la
route est jolie, les paysages aussi. Elle est pas belle la vie ?
Les plaques minéralogiques changent au gré de km, ansi que le décor. Je
redécouvre le plaisir de rouler à moto en levant les yeux de la route. Je me
crois en voyage, en vacances, en route vers l'Italie, la Sicile ou la Croatie.
Vive le réseau secondaire français !
Arrivée dans les Alpes par Ambérieux et la N504 qui mène à Chambéry. Beau
paysage (en fait je me suis rappelé être déjà passé par là), mais route trop
roulante à mon goût. De la nationale de vallée, qui se prend entre 180 et 220.
Pas mon truc, je cruise à 120/130 en matant la montagne.
Pellerinage en arrivant sur Chambé à l'observatoire du Chat, qui surplombe le
lac. J'adore toujours cette sensation d'arriver au pied de la montagne, de voir
à quel point elle est drue, et de se dire qu'on va l'escalader en moto. La
route est étroite, gravillonnée, mais je m'en fous. Je sens l'air se raffraîchr
à chaque épingle, je sens la vallée s'éloigner derrière moi, je sens la
végétation, c'est trop bon. Arrêt contemplatoire en haut. La vue est
magnifique. Dommage qu'un peu de brouillard d'altitude empêche de voir jusqu'au
Mont-Blanc à 83 km de là. Je reste scotché à boire mon thé sur la table
d'observation, complètement absorbé par le spectale. C'est beau à en crever.
C'est con, mais contempler les montagnes, ça me fait toujours cet effet là.
Il est bientôt 18h, je finis par reprendre la route. J'ai un peu d'avance sur
mon programme, alors quand je vois que je passe à coté des cols du Glandon et
de la Croix de Fer, je ne peux m'empêcher d'aller voir à quoi ça ressemble
quand il n'y neige pas (les Virolothoneux03 apprécieront). Ben c'est tout
simplement sublime. La route est petite et sale, mais on s'en fout, le décor
est de toute beauté. Mash, pour l'année prochaine, gardez le même RB, s'il fait
beau on aura l'impression de découvrir du 100% nouveau
Arrivée à Saint-Jean de Maurienne vers 19h30, après 770 km. Même pas fourbu. Je
me pose au soleil, à contempler la montagne, en attendant que Thierry ne passe
me prendre.
C'était une p*tain de belle journée comme je n'en avais pas fait depuis l'été
2002 et notre "Tour de France des potes et des piscines" avec Laetitia. Et on a
beau dire, mais la France, c'est quand même un beau pays
Soirée barback-au-four (l'intéressé comprendra) tranquille, avant d'aller me
coucher à Valloire. L'ascension du col du Télégraphe à 11h de soir, ça vaut son
pesant de cacaouhettes. Pas pour l'éclairage de merde du TL, ni pour les biches
qui risquent de traverser la route à chaque instant. Mais pour la vallée
éclairée par la lune, par les sommets enneigées qui brillent la nuit, par la
Paix qui se dégage, par le silence de la nuit. L'impression d'être coupé du
monde. Sublime sentiment.
Couché à 1h du mat' après l'une de mes plus belles balades en moto de ces
derniers temps.
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SAMEDI
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Thierry passe me prendre à 9h, pour une boucle matinale en attendant que le
gros de la troupe nous rejoigne à midi. On commence par le Galibier. Cf supra,
le Viro03 sous le soleil, c'est de la balle !! Roulage au milieu des murs de
neige, Thierry me montre même un endroit où les gars se sont construit une
bosse pour passer au dessus de la route. Truc de ouf' ! Manque de chance, suite
à des accidents mortels récents, le col est fermé, faut passer par le tunnel.
On prend ensuite la direction de l'Italie pour se faire un petit Mont-Cenis. Au
passage on échange les motos (TLS vsTLR). C'est marrant, c'est comme le ZX-6R
la semaine dernière, toutes les motos me paraissent légères et roadster quand
on descend de la R. Moto beaucoup plus facile à emmener que la R, qui tracte et
freine fort (au passage Thierry, c'est quoi ta marque de plaquettes ?), agile
et instinctive. Que du bonheur si ce n'est des suspensions un poil souples à
mon gout, et un pb perso avec les BT010 qui me vaudront deux belles sucettes.
Chacun récupère donc sa moto à Suze, et on attaque l'ascension. On se fait
braconner par un R6 local qui déhanche en jean (!). Thierry, qui me suivait, se
fait block-passer et perd instantanément 50m. Je m'écarte pour laisser passer
le R6 (je me m'arsouille *jamais* avec un inconnu), mais celui-ci n'avance qu'à
peine plus vite que moi. Comme il connait manifestement la route par coeur, je
prends sa roue. S'il ne freine pas, moi non plus, s'il freine, je coupe, et je
reste à 10m derrière lui, tranquillement installé. Finalement, elle ne marche
pas si mal mon enclume. Il n'y a que dans les enchainement "droite
serré/épingle à gauche" que j'ai un peu de mal, parce que j'ai encore un peu de
mal à bien sentir les freins et à conserver un freinage appuyé dans le
changement d'angle. Mais pour le reste, je balance les épaules à l'intérieur,
je sors un peu les fesses, le genou, et banzaï !!! Y a pas, c'est toujours
sympa de suivre un local qui connait la route et qui avance un peu.
Thierry nous rejoind en haut, le R6 s'arrête, à la recherche du client suivant,
et nous continuons notre chemin. Roulage dynamique mais safe. Comme son feu
stop est HS il me faut un peu de temps pour prendre sa mesure, mais après quel
plaisir de rouler de concert, sans se trainer mais en en gardant toujours sous
le coude, en gardant la distance constante. Se faire plaisir, rouler de
concert, sans jamais forcer. "The pace", ça s'appelle, et c'est le pied !
Déj à Saint-Jean où l'on retrouve DeuxDeTension, Jef, Babeth, puis Leglaude et
Mickey, ces deux derniers ayant réussi l'exploit de faire Chambéry-St-Jean en
passant par Lyon !!
(on excusera Leglaude qui était parti de Paris à 4h30 du mat'). Pizza rapidos
et direction la montagne.
Mise en jambes pour commencer avec Croix-de-Fer/Glandon, pauses photos
tellement c'est beau. Je commence par ouvrir la route, mais je laisse
rapidement passer Leglaude et Mickey. Des gars qui roulent vite, j'en connais
un paquet. Des gars qui roulent plus vite que moi, il y en a plein. Mais me
faire déposer de la sorte en 2 virage par un mec qui a 800 bornes dans les
pattes suivi d'un couple en TLS, j'avoue que ça m'a coupé la chique ! C'est
trop rapide pour moi, je laisse filer devant. Mais c'est du propre et coulé,
rien à dire et beau à suivre (2 virages, après ils disparaissent au loin). Jeff
nous fait une 'tite frayeur en bas de la descente en nous annoncant que Thierry
a tiré tout droit. Fausse alerte, c'était juste une crampe. Ouf !
Direction les Bauges et le col du Frêne. Je commence à fatiguer un peu, alors
je reste derrière pour ouvrir la route à Babeth, qui découvre la montagne et
les épingles. Et moi je redécouvre le plaisir de rouler à deux, devant cette
fois-ci, à partager la route, les virages, et à sentir ma suiveuse s'amuser
derrière, et prendre du plaisir à moto. Merci Babeth pour ce moment (avec un
peu de nostalgie pour moi, je dois bien l'avouer).
La troupe se sépare en haut, et seuls Babeth, Jeff et moi poursuivons en
direction de Aix. J'en profiterai pour essayer la Multistrada. Qu'en penser, je
ne sais ? Je pensais en tomber amoureux, j'en ressors sceptique. C'est sans
doute l'arme absolue, mais une arme impossible à serrer entre les cuisses,
comme j'aime. Une moto de soiffard, aussi, puisque pour se sentir à l'aise au
guidon il faut lever les coudes ! En fait c'est un gros supermotard, qu'il faut
conduire comme tel. Charger l'avant, faire glisser l'arrière autour de la roue
avant, et passer tout en glisse. Hmmm, pas évident quand ce n'est pas sa
moto...

Par contre, joli spectacle que Jeff à l'attaque sur le TL, à
déhancher partout, à sortir en wheeling des virages. A le suivre, j'ai
l'impression qu'il a apperçu Rossi, là-bas devant, et qu'il s'est mis en tête
de le rattraper
Ch'tite pause sur le bords du Lac, à savourer la journée, le soleil, la
montagne, et à se demander pourquoi on ne vient pas plus souvent....
Retour au chalet vers 21h avec 550km au compteur. Encore une belle journée,
tellement fatiguante que tout le monde déguerpira rapidement, sans faire
honneurs aux bizarres bourguignons et tchèques qui ma foi ne manquent pas
d'intérêt. (Bien que de la Manzana made-in-Dijon, quelle drôle d'idée !)
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DIMANCHE
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Départ un peu laborieux entre le petit déj' pris en ville, les pleins à faire,
etc... résultat je quitte le groupe qui monte en Yaute-Savoie par la voie
expresse alors que de mon coté je prends la direction du col de la Madeleine.
Motocyclistement parlant, les deux meilleurs cols du WE furent le Mont-Cenis et
le Télégraphe. Mais pour la vue, c'est bien la Madeleine qui écrase tout le
monde à plate couture ! Coté route, ça me rappelle 'mon' col d'Aubisque de ma
jeunesse. Coté cadre, je vous laisse aller voir de vous-même. Impossible
d'arsouiller tellement c'est beau. Difficile de rester concentré sur la route
tellement le cadre en impose. Tout simplement sublime. Pause au sommet avec vue
sur le massif du Mont-Blanc, sur la Maurienne derrière, sur les montagnes
enneigées tout autour. C'est trop beau !! Si j'avais une tente, j'aurais bien
campé ici.
Descente vers Albertville sur de la petite route complètement foncedée mais
rigolote à souhait. Finalement c'est plutôt comfortable un TL. Impossible
d'arsouiller parce que c'est trop étroit, mais je m'en fous. Je suis à la
montagne, j'ai vue sur le Mont-Blanc, il fait beau, je fait de la moto, je suis
heureux, et le reste n'a que peu d'importance.
D'ailleurs, quand j'arrive à Albertville, pour la première fois depuis aussi
loin que je me souvienne, je suis repu de moto. 600 bornes d'autoroute
m'attendent d'ici Paname, mais je m'en fous. J'ai eu ma dose de virolos, de
moto. Je suis un peu fatigué, et je ne suis plus aussi propre qu'au début. Et
ça me ravit. ça y est, j'ai enfin trouvé la moto qui arrive à me fatiguer ! Je
suis content, c'est exactement ce que je cherchais
Retour donc par l'autouroute, sans histoire si ce n'est un peu de flotte, pour
une arrivée à Paname à 17h après 2000 km tout rond en 3 jours. Un peu mal au
cul à cause de l'autoroute, mais la banane inamovible.
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CONCLUSION
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Il y en a plein, mais l'on retiendra entre autre:
- ToDoList++ : racheter un APN. C'est trop frustrant de contempler tout ça sans
pouvoir ramener la moindre photo.
- J'aime ma TL. C'est une enclume, les suspensions sont encore perfectibles, il
y a encore pas mal de taf à faire dessus avant qu'elle soit parfaite, mais je
l'aime quand même. Comme prévu, ça passe moins fort qu'avec la CB, mais je m'en
fous. Dans cette montée du Mont-Cenis, j'étais Laconi chassant Bostrom, Harada
chassant Rossi, j'étais le roi du monde, et j'ai pris mon pied.
- quand je vois rouler Mickey (ça doit être le prénom qui veut ça, rouler aussi
fort avec aussi peu d'expérience) et Leglaude, je me dis qu'il me reste encore
du chemin à parcourir avant de savoir me servir de ma brêle...
- ma prochaine machine aura un grand guidon. elle s'appelera KTM 950, 990, ou
Multistrada, ou 1200GS, ou R1100S, ou Cafe-Sport, mais en vérité je vous le
dis, les bracelets, c'est vraiment pour les kékés.
- Merci encore à Thierry pour l'excellente initiative, et à tous mes compagnons
de route pour les moments partagés !
Et un mot pour finir : Montagnes, je vous aime !
sml.
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Meet frustration face to face,
A point of view creates more waves.
So take a chance and step outside,
Lose some sleep and say you tried. (Joy Division - "Autosuggestion")