Ben en fait, oui. Oui, oui, et re-oui, c’est vraiment trippant, en fait.
Au point que 10 ans après mon dernier Rallye, le WE dernier j’ai remis 5 balles dans le juke box pour vivre ces sensations de nouveau.
“Quelles sensations ? Celles des gouttes froides qui coulent dans le coup, et des chaussettes trempées dans les bottes ?”
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Naaaaaan…. Celle de te faire violence à te faire plaisir. Celle de partager un moment unique avec les potes. Celle de vivre un truc qui ne serait pas venu à toi tout seul si tu n’était pas botté le c*l pour aller le chercher. Celle d’être ’à ta place”, en train de faire de la moto comme tu l’aimes, avec tes potes, loin de tout, et juste concentré sur la route, la trajectoire, l’adhérence. 110% accaparé par le moment, expurgé du reste du monde qui te pollue ton quotidien.
Il m’aura fallut attendre 10 ans pour revivre ça, mais l’attente en valait la peine !
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1/ MAIS C’EST QUOI, LE RALLYE, EXACTEMENT ?
Le Rallye, comme disait Philippe Guillaume, c’est “Un sport de gitans qui roulent comme des enc*lés”.
Le Rallye, c’est juste le sport moto dans sa plus simple expression: Un Road-Book à respecter pour parcourir un tracé dans un temps imparti, entrecoupé de spéciales sur route fermée en mode “course de cote” ou tu retrouves seul face au chrono.
Et ça, de jour, comme de nuit.
Selon les Rallyes, ça représente environ 400 km de jour, avec 2 Spéciales (ES) dans lesquelles tu passes 2 ou 3 fois, et 150 de nuit avec un passage dans chaque spéciale.
Bien évidemment le parcours routier, c’est la crème de la petite route locale, avec 15 virages par habitant et par kilomètre. Tu roules loin de tout et de tous, sur tous les plus jolis petits virages de la région.
Avec une moyenne horaire à respecter. Pas trop exigeante en général, mais de nuit sous la flotte et le brouillard ça peut quand même vite se compliquer…
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Et comme dans la plupart des sports mécaniques, le classement est individuel, mais le Rallye ça se pratique quand même avant tout entre potes, parce que rouler seul sur 550 km c’est quand même bien chiant. Alors on s’attend pour parcourir le routier en petits groupes et se payer un bon coup de moto entre pote…
Mieux que des mots, deux vidéos qui en parlent mieux que moi
Version Lolo, ou version Momo.
Et si comme moi tu aimes le verbe, le papier de Philippe Guillaume dont je te parlais est ici :
http://www.lerepairedesmotards.com/doss ... outier.php
2/ ET ÇA SE PRÉPARE COMMENT, UN RALLYE, ALORS ?
Ben avant tout t’as besoin de ta moto. N’importe laquelle, de la 125 à la 1100, de la YBR 250 de 20ch à la Tuono V4 de 180 ch en passant par l’Africa Twin 1100, une FE 450 ou un DR 650. N’importe quelle moto avec au moins 100 bornes d’autonomie, tant que tu te sens capable de te taper une journée de 400 bornes à son guidon…
Tiens, jette un oeil ici et tu verras la variété des brêles engagées aux Volcans, par exemple.
Il te faut juste t’assurer que le compteur marche, pour suivre ton avancée et ton Road Book, que la moto soit en bon état et que tout fonctionne correctement pour qu’on t’autorise à prendre la route.
Tu rajoutes simplement un “dérouleur” de RoadBook papier (une boîte Tupperware avec deux axes traversants pour enrouler/dérouler le RB), ou, plus moderne, tu installes une appli gratuite sur un smartphone et tu fais défiler les cases sur l’écran.
Et pour la nuit, un éclairage complèmentaire est pas mal pour apporter un peu de confort, mais certains s’en passent, si l’éclairage d’origine est suffisant.
Ensuite, un certificat médical, une licence FFM (80€), un engagement, et c’est parti !
Bon, en vrai, quand c’est la première fois que tu amènes ta moto sur un rallye et que tu veux faire les choses bien, il y a un tout petit peu de taff quand même..
Genre plutôt que le compteur d’origine, qui n’est pas forcément super précis, tu peux opter pour un compteur additionnel avec partiel ajustable à la volée.
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Genre quand le RB dit « 3.7 km jusqu’au stop » et que ton compteur affiche 3.6, c’est pas mal de pouvoir le corriger et lui faire afficher 3.7 comme c’est prévu. Sinon, la patte d’oie à 5.6km, tu ne sauras jamais si c’est celle sur laquelle tu tombes à 5.5 ou s’il faut aller voir un peu plus loin.
Ce n’est pas indispensable, mais c’est toujours bien pratique. Et puis au passage ça peut te donner ta moyenne, pour t’aider à savoir si to rythme convient, si tu es en avance ou en retard, etc…
Moi, comme je suis un gros stressé, j’ai donc installé un Vectorino pour assurer le coup et éviter de me faire trop de noeuds au cerveau.
Et en guise de dérouleur, j’ai troqué mon vieux dérouleur Touratech super robuste et éprouvé mais un poil emcombrant quand même par une liseuse « IZ Roadbook » nettement plus légère (en fait une liseuse KOBO transformée en dérouleur de RB électronique).
Au final ça prend un peu de place tout ça et il a fallu se creuser la tête pour tout faire rentrer, mais le jour J c’est quand même bien pratique quand t’as tout qui tombe sous la main et le regard direct…
3/" LET THERE BE LIGHT !"
Le Rallye, c’est donc 400 bornes de jour, mais c’est aussi un truc que tu ne feras jamais ailleurs. Rouler 3h, de nuit, sur des petites routes.
Prendre ta moto à 21h pour aller te refaire les routes de la journée, mais sous les étoiles.
C’est bien dommage, parce qu’en fait, c’est juste magique, et c’est ce qui me fait profondément kiffer les rallyes.
Les odeurs qui changent, les étoiles, la lune, la lumière… tout est juste différent. Tu es soudain « ailleurs », dans un univers inconnu, à mille lieux de tous.
Comme en plongée en fait. Dans un monde autre, seul avec la nature, à voir des choses que tu vois jamais ailleurs.
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Quand t’es en balade avec les potes, que t’as roulé toute la journée, c’est dur de se motiver à ressortir les motos à la nuit tombée.
Mais pourtant.. quelle magie ! Quelle ambiance… Rouler sur les petites routes et dans les cols, de nuit, c’est vraiment un truc à faire une fois dans sa vie de motard !
Après, c’est vrai que pour ça, si la moto éclaire bien, c’est quand même encore mieux !
Alors pour rouler confortable, me voilà parti à
- remplacer l’optique d’origine par une LED. C’est pas magique, mais on y gagne un peu.
- essayer de caser tant bien que mal une paire d’additionnels LED (merci Raff de 2RTeam pour le coup de main)
- rajouter un Xénon en guise de ‘longue portée », en particulier pour les ES.
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Il me restait un second Xénon dans le carton, mais j’avoue que je n’avais pas une totale confiance quand même dans dans l’alternateur de la SXV, alors je n’ai pas voulu abuser
Voilà. C’est comme le Vectorino, t’es pas du tout obligé d’avoir tout ça, et d’autres s’en passent très bien, mais ça apporte un petit confort supplémentaire, et moi je me fais vieux, alors j’aime bien mon petit confort !
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4/ ET NOUS VOILA PARTIS !!
Moto parée de tout le barda, voiture chargée, et c’est parti pour traverser la France sous l’orage et se retrouver ensemble dans la gadoue et sous la flotte pour.. les recos.. !
Il y a 10 ans, on pouvait faire des recos des ES en moto la semaine avant la course. Mais à force de confondre « Recos » & « Essais » certains y ont laissé leur vie, donc désormais :
- tu reçois la localisation et le tracé de la spéciale une semaine avant.
- on t’envoie une vidéo à vitesse « street légal » du tracé pour te faire une idée d’à quoi ça va ressembler le jour J.
Donc tu passes tes soirées à la maison à essayer d'apprendre tout ça devant un écran, et une fois sur place tu as le droit de la parcourir en voiture ou en vélo avant le Rallye.
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Nous voilà donc parti jeudi après-midi à pédaler dans les sous-bois, en essayent de se représenter ce que ça pourra donner, 2 jours plus tard, à l’attaque et en moto.
Pas évident, mais t’essaye quand même de prendre des repères. Pour freiner quand il faudra, garder un max de gaz dans les virages aveugles, repérer les pièges du gravier, et essayer de mettre en place la petite musique à te réciter le jour J…
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Ca fait une éternité que je n’avais pas fait ça, j’avoue que je suis quand même bien paumé. Je pédale, je regarde autour de moi, mais c’est comme pour les poésies ou le théâtre… si ton cerveau n’est pas entraîné à apprendre par coeur rapidement, tu galères bien à essayer de ne pas confondre tous ces virages et tous ces enchainements en sous bois qui se ressemblent tous les uns les autres…
Rien ne ressemble plus à un gauche qui ouvre suivi d’un droite qui se referme qu’un autre gauche… qui ferme-ah-oui-merde-putain !!!
On passe, on repasse, on rerepasse, en essayant de ne pas se faire écraser par les camions des autres concurrents venus faire la même chose que nous… jusqu’à ce qu’on sature et qu’on confonde tout…
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Alors on rentre, il est temps de finir de préparer les motos (c’est une constante des compétitions ça.. tu passes ton temps à finir de préparer ta moto où quelle que soit l’avance que tu auras essayé de prendre, il y a toujours un truc à faire au dernier moment…)
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Vendredi matin, dernier petit tour en camion et sous la flotte dans les ES pour constater qu’on a déjà tout oublié depuis la veille, et que plus on les roule, plus on s’embrouille !
Alors laisse tomber les ES, la pluie semble se calmer, allons se peler les c*uilles et se faire un avant gout du lendemain en allant reconnaitre le routier, à moto sous la flotte (ça on a le droit).
Le routier, il n’y a pas de chrono pour « le meilleur temps », mais quand même une moyenne à tenir en suivant un road-book en mode « rond-boule » donc c’est toujours mieux de reconnaitre un peu pour ne pas se poser 10.000 questions le jour J avec la tocante dans la tête. La patte d’oie, la ferme, le bosquet avec la croix… sur le papier c’est super simple mais en fait dans le hameau des fois t’es un peu paumé quand même. Et puis ça permet de valider aussi que tout ‘le dérouleur, la télécommande, le Vectorino fonctionne bien…
..ou pas… quand tu te rends compte 500m après le départ que ton super Vectorino, testé avant de partir…. ne fonctionne pas ! Vitesse 0 km/h, le capteur de vitesse semble HS.
(Note pour plus tard : quand tu montes des gommes neuves, évite de shooter dans le pied de fourche avec l’aimant additionnel collé au disque).
Pis ça permet aussi de faire 20 bornes d’autoroute (nan nan, c’est pas du tout sur le routier) et de t’entrainer à shunter le contacteur d’embrayage plutôt que de te retrouver en rade de batterie avec une moto qui ne démarre pas le jour J.
Bref, on a reconnu un peu, pis on monté une batterie neuve sur la Versys, remis l’aimant en place sur la SXV, et on en rentrés, parce qu’il reste encore le Contrôle Administratif à passer.
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5/ VOS PAPIERS SIVOPLE !
Controle Administratif c’est pas trop compliqué.
CG à ton nom, licence FFM (à l’année ou à l’épreuve), attestation d’assurance, permis de conduire, et roule !
Si c’est tout bon, tu récupères tes numéros de course, et t’as plus qu’à les coller comme tu peux sur la moto et te présenter au Contrôle Technique.
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Contrôle Technique, c’est toujours un grand moment.
A la base, on vérifie que ta moto est saine, pas tapée, et donc « conforme au code la route ». En toute rigueur elle doit être conforme à sa fiche d’homologation (taille des roues des freins, etc) mais bon… on n’est pas au pays des ayatollah non plus.
On vérifie quand même :
- que tes fringues (cuir, casque, dorsale) sont en bon état et portent bien leur étiquette CE
- que ta moto ne fait pas un baroud du tonnerre. (Un beau bruit tu peux, trop de bruit faut éviter)
- que tes feux additionnels sont bien couplés au commutateur code/phare, c’est à dire que tu peux rebasculer d’un seul coup en feux de croisement sans foutre tes 3000W de LEDs et Xénon dans la gueule de la bagnole qui arrive en face.
Mais à partir du moment où ta moto n’est pas une poubelle, ça se passe bien et tu repars avec ton petit blanc seing, et le droit de prendre le départ le lendemain matin.
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Pis le soir t’as droit au Briefing de rigueur pour te rappeler que t’es quand même venu pour en ch*er nom de nom, mais qu’on compte sur toi pour le faire avec le sourire.
Et après ça c’est bon, t’as gagné le droit d’aller te peler le c*l dans ta tente en écoutant tomber la pluie, et gratter quelques heures de sommeil avant la longue journée du lendemain…
A suivre
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