Les deux mon général
Pour faire un petit CR parce-que Krusty me l'avait demandé, l'enduro du Plateau des Cornets se déroule à 15km de Besançon dans des coins que je connais bien à moto (de route) mais pas du tout avec des tétines. Un message avait circulé sur Facebook indiquant qu'il y avait moins de 200 engagés à 15 jours de l'épreuve et qu'ils risquaient de devoir l'annuler. Sachant qu'il n'était donc pas loin de chez moi et que je n'avais rien de prévu ce week-end là j'ai contacté Benoît et je n'ai pas eu besoin de le motiver beaucoup pour le faire, en plus c'est moins cher qu'un rallye : 60€.
Au préalable j'avais pris des renseignements sur le groupe Facebook des enduristes de la région et on m'avait dit :
Du coup, le message d'alerte ayant bien fonctionné, nous nous vîmes 400 à l'arrivée sur le paddock, le plein !
Comme la nature est bien faite, il a plu toute la semaine précédente jusqu'au samedi soir rendant le champ/paddock un poil collant au bottes.
Numéro 230 pour Benoit et 231 pour moi. Etant donné que je fais bien les 80km de balade enduro vers Chaignay je me suis dis que deux boucles de 80km ça devrait aller et me voilà donc avec un numéro qui part au milieu des Ligue 2, voire au début, autant dire des bons, juste en dessous des très bons. Pas très malin tout ça.
Bref, le jour J Benoît a encore un problème de pneu à résoudre, il veut mettre un gripster car son pneu tourne sur la jante.
Départ à 9h19 pour nous par paquet de 3 :
Je ne sais pas si tous les enduros sont comme ça mais c'est assez différent du rallye au niveau des pointages. Pas de carton au départ, nous voilà parti dans la première moitié de boucle. Pas trop de dénivelé dans ces premiers 40km, à part une grimpette au début où Benoit a dû me tirer, mais un terrain très glissant, des bourbiers à éviter sinon c'est l’ensilage garanti ce qui m'a valu de longues minutes perdues à essayer de me sortir de là.
Sachant que c'est une course javais dis à Benoît de me lâcher sinon il aurait traîné un boulet toute la journée. Je n'ai pas arrêté de me faire doubler par les ligues 2 mais tous sont sympa et demandent des nouvelles quand ils me voient arrêté. Le terrain était tellement glissant que j'ai dû me tarter au moins 10 fois dans cette partie.
Bref je termine tant bien que mal et avec beaucoup de retard cette première demi-boucle et me voilà au début de la spéciale 1. Alors ce que je n'avais pas compris c'est que mon heure de pointage de 10h44 se situe après la spéciale et le ravitaillement.... et il est déjà 11h15... J'enchaîne donc immédiatement avec la spéciale dans le champ avec une partie sur un terrain de cross bien sympa et je cale juste avant la cellule d'arrivée pour parfaire le show

14 minutes à bloc, ça termine bien un homme après 40km de liaison ! Benoît la fera en 10 minutes.
J'arrive au camion, je suis exténué, je suis en retard mais je m'en fous. Je mange, je me repose et on verra bien si je repars pour la deuxième demi-boucle de 40km qui nous fait partir par un autre parcours jusqu'à la spéciale 2.
Après de longues minutes de réflexion je décide de remettre le casque et de retourner au charbon, je suis venu pour en ch... pas pour faire du transat bordel !
Je me dis que ça ne pouvais pas être pire et je me trompais. Avant c'était glissant mais plat, maintenant c'est glissant mais avec du dénivelé et on attaque directement par une grimpette interminable au milieu des cailloux, suivi de single en descente, de troncs d'arbres, de marches en montée, en descente, de grimpettes en dévers avec racines, arbres et pierres là où il faut mettre ses roues.
Heureusement je ne suis pas le seul à en baver et on s'entraide tous pour passer. Je me suis fais d'ailleurs un copain de galère et on continuera comme ça un moment jusqu'à que lui n'en puisse plus et qu'une crampe vienne me bloquer l'ouverture des doigts de la main gauche. De toutes façons je n'avais plus de jus non plus et en bas d'une énième grimpette où on entendait le bruits des autres motos mouliner jusqu'au rupteur on décida de rentrer au paddock en entier en coupant à travers bois.
J'avais sorti mon téléphone de la poche et j'avais vu qu'on pouvait passer par un pré pour rejoindre un chemin. Le petit soucis c'est qu'il était entouré de clôture électrifiée et on s'est pris des châtaignes en roulant dessus sous les yeux des vaches qui se demandait ce qu'on faisait là.
Retour paddock, la moto va bien mis à part un radiateur un peu enfoncé sur un tronc d'arbre et de la boue partout, le pilote un peu moins. Mais c'est pas grave, j'ai bien appris, l'humilité d'abord et de la technique ensuite puisque je me suis surpris à passer à des endroits que je n'aurais pas osé le reste du temps. De toutes façons, il n'y a pas le choix, qu'un seul chemin, pas de contournement, impossible de faire demi-tour donc il faut y aller et le mental fait le boulot, reste la condition physique à améliorer aussi.
Allé ! L'année prochaine j'y retourne... en mode 1 tour avec les mauvais
